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« Même si vous êtes une traînée,
vous ne voulez pas qu'on vous viole.
Même une pute qui ferait vingt-cinq mille passes par jour ne voudrait
pas se laisser violer.
C'est la pire des choses qui puisse arriver à une femme et ça
m'est arrivé quand j'avais dix ans ».
Extrait
de son autobiographie:
"Lady Sings the Blues"
B.HOLIDAY,
W.DUFTY
1992-Parenthèses

"Chanteuses
de Jazz..? Il y a les autres...et Billie Holiday..."
Boris
VIAN

« En
musique, les noirs sont généralement plus doués
que les blancs; ils ont une oreille très juste pour la mélodie
et le rythme, et certains sont capables d'inventer de petits airs.
On ne peut pas encore savoir s'ils pourraient mener à bien
des compositions de plus grande envergure … »
Thomas
JEFFERSON (1786)
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(7
avril 1915, Baltimore - 17juillet 1959, New York)
"Papa et Maman étaient mômes
à leur mariage: lui 18 ans, elle 16...Moi, j'en avais 3".
Ainsi commence l'autobiographie de " Lady Day ".
Son enfance la marquera à jamais
et sera le ferment d'une existence pas comme les autres. Confiée
très tôt à des parents éloignés, elle
est violée chez des gens qui l'emploient à faire le
ménage.
La jeune Billie rejoint sa mère
à New York à 13 ans pour se prostituer, être arrêtée
sur le champ et effectuer son premier séjour en prison. A sa
sortie pourtant, un club de Harlem, le Log Cabin, l'engage
au pourboire et là, commence sa carrière.
A 18 ans, engagée
par John Hammond, elle enregistre son premier disque avec Benny Goodman.
Le timbre caractéristique de sa voix, lancinant et fragile à
la fois, évoque de lointains et fragiles échos. D'emblée,
on peut dire qu'elle ne chante pas comme les autres.
Jusqu'en 1940, elle sera accompagnée
par des musiciens aussi grands de réputation que divers dans
le style : Louis Armstrong, Duke Ellington,Ben Webster, Roy Eldridge,
Johnny Hodges, Teddy Wilson et le légendaire Lester Young, qui
lui doit son surnom de " Prez ".
biographie de Lester Young
biographie de Teddy Wilson
Lester Young et Billie incarnaient bien la réalité noire
américaine de l'époque: élégance, humour,
fraîcheur, mais aussi colère et désespoir
(Strange Fruit).
A partir de 1940, et malgré un succès
appréciable, Billie Holiday sombre dans l'alcool et la drogue
à la suite d'échecs amoureux répétés.
Au fil de ces années ou alternent les périodes de dépression,
incarcérations pour usage de stupéfiants, et moments de
gloire, sa voix se métamorphose : elle devient rauque et des
failles s'y creusent, sans pour autant altérer (au contraire
) son pouvoir d'émotion inégalable. Si le timbre est
plus rocailleux, le caractère enfantin de sa voix demeure..
Billie participe en 1954 au premier festival
de Newport et publie son autobiographie : " Lady Sings The Blues
" qui deviendra aussi le titre d'un de ses disques.
Sa santé décline et c'est
le pianiste Mal Waldron qui l'accompagne à partir de 1957
pour les deux dernières années de sa vie. Interdite de
club à New York, toujours pour cause d'usage de stupéfiants,
elle se produit une ultime fois à Philadelphie avant d'être
hospitalisée en mai 1959. Sur son lit de mort, elle est inculpée
une dernière fois par la police pour détention de stupéfiants.
Le 17 juillet 1959 s'éteint
la voix la plus déchirée et la plus déchirante
que le Jazz nous ait permis d'entendre.
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